mardi 28 février 2012

Et ce soir




Dans la lumière esseulée où s’angoisse mon âme,
Dans le cri étouffé où elle prophétise enfin,
Dans la compassion muette où mutilée, elle s’enflamme
Et dans la nuit où elle prépare ses ailes à la porter au loin ;

L’impératif règne dans l’urgence du lendemain.

A chacun son Eden ici bas ! A chacun ses faiblesses !
A tous, les routes foudroyées, les chemins incertains.

A moi de faire taire l’inévitable tristesse !


Quand, libérée de la gangue opaque du passé,
Elle reparaît enfin au monde, avide de se tromper
Et forte de pouvoir choisir si elle veut s’y risquer,
Nous n’accouchons jamais que de notre intensité


Rien ne nous condamne, alors, que la peur de nous mêmes.







Au soir de ma vie.


Lorsque tout cela sera oublié pour pouvoir se préparer enfin au vide.

Pas d’enfant pour rester curieux de l’inconnu.

Pas d’amant pour compléter un serment.

Juste moi, au soir de ma vie.

Lorsque tout cela aura été vécu pour ne laisser qu’un vague dessein

Plus de drames que refroidis par l’intelligence que l’on en a

Plus de brûlures de l’âme que celles laissées par l’envol des autres.

Juste moi, au soir de ma vie.

Lorsque tout cela aura été pardonné pour s’endormir serein

De nouvelles peurs que personne ne partage

Des introspections sans fin que plus personne ne peuple

Juste moi, au soir de ma vie.

mercredi 22 février 2012

Igne Natura Renovatur Integra





En ces terres bénies par la vérité,

Il n’y aura aucun soleil qui ne soit un soleil

Pas de lune assermentée, avilie de miel,

Puis dépourvue de ses rondes aspérités.






jeudi 9 février 2012

Tutare velum










Je sais que tu sais que je sais
que
derrière
tes je t'aime
il y a
toujours
un
mais












mercredi 8 février 2012

A vous


A vous, immense et mortifère, qui peuplez le monde à votre infime surface
A vous, bourgeon inverti, qui croit grandir quand il s’encroute
A vous, intense et arrière, qui soupirez au monde vos vaines dédicaces
A vous, pliure lisse, qui voit sa vie vibrer si vite qu’elle s’envoute

Et les jardins encanaillés par peur
Et les vapeurs vrillées de l’impur

Et les nuits sans blessure
Et les mots sans fêlure

Et le nu sans amertume

Je vous aime de caresser du pied l’estime que vous avez
Et de gronder un mot qui sonne à mes oreilles bien nées

Jamais il ne se trouva compliment plus méchament tourné
Voulant prédire une disposition qu’il me faudrait m’avouer

Et des querelles et des mots qu’il ne fallait pas tracer
Cohorte de médiocrité, je ne saurais les prononcer.

mardi 7 février 2012

Lien


Je me dois
A l'enfant que je fuis

Je me dois
A ses rêves détruits

A ses fugues boréales
A ses jouets
Sa quête d'idéal
Et son irréel insatisfait

Tu te dois
A l'enfant que tu fuis
Tu te dois
A ses rêves détruits

A sa fugue défaite
A ses brouets
Sa quête irréelle
Et son idéal satisfait

Quand la lumière nous échappe
Et qu'elle brûle sans briller
Fuir n'est pas conquête
Jouer n'est pas vivre
Seul le chemin compte
Et le lointain horizon.