vendredi 9 novembre 2007

Mieux Prométhée que Jupiter

L'ange arriva, les mains salies de son sang et le regard éteint.
Sept saintes femmes voilées de tendresse l'entourèrent de leurs soins et lentement, il glissa dans un long sommeil serein.
Lorsqu'il s'éveilla dans le crépitement des flammes, le soir était déjà loin et le matin s'immisçait.
La meurtrissure sur son sein trahissait le combat de la veille.
Déjà, il se relevait pour repartir à la tache et voler au front divin ce qui en droit lui appartient.
La lassitude de ses muscles dardait ses filaments de paresse.
Mais son coeur humilié vibrait d'une nouvelle ivresse.
L'espoir réapparaissait.
Car les Dieux enivrés de vengeance insufflaient chaque matin témérité et courage dans ce coeur pourtant si doux et si lent à la violence.

C'est ainsi que je vous trouvais.
Vos mains ensanglantées et votre regard défait.
Je voulais vous laver dans un fleuve nouveau.
Et cueillir sur votre front le bel horizon.
Mais vous êtes reparti vers un nouvel affront.
Désormais, Je vous attends le jour et lave votre chair en lambeau.

Un jour vous ne repartirez plus.

Dieu qu'il est bon de vous attendre!

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