jeudi 24 septembre 2009

Art poétique (à Marie-Laure Charrier)




Je me prépare à la nuit.
Cette nécessaire nuit où je tais les brumes.
Et sur le champ de pierre où je guide l'enfant que je n'aurais pas,
mon chant s'élève en prière.

Que s'élève ma complainte.
L'envers du monde est bien plus peuplé.
J'y tente l'éternité d'un instant vrai.
Sitôt parfait, déjà enfui.

Je garde la cicatrice de mes fugues immobiles.
Sillons indécents de ma patience.
Les ruisseaux ne ruissellent-ils pas dans le lit qu'ils ont quitté?

Me voilà déserté si je ne parcours pas l'idéal excentrique.

Mais voilà.
La nostalgie des possibles endeuillés plane sur nous
comme une roue se tord autour de l'essieu où elle éclate.

2 commentaires:

QV4 a dit…

muy bueno el blog, saludos desde argentina

Unknown a dit…

"J'y tente l'éternité d'un instant vrai."

Ou encore "l'eclair me dure" (Rene Char)

O merci.

Tes mots sont justes et se frottent en beaute.