lundi 22 octobre 2007

Et soudain, un baiser

Les armes se sont tues dans la plaine effarée.
A l’orée du charnier, deux silhouettes apparaissent.
Ce sont deux amants égarés par leurs sens
Et qui ignorent tout du combat qui s’est livré séant
Ils découvrent, ébahis, le charnier empourpré, l'un parle quand l'autre s'affaisse, foudroyé.

- Ce corps qui gît, n’est-ce pas mon frère? Et cet autre là? Sa blessure me semble familière.

- N’en crois rien, ce ne sont que de pauvres et tristes hères qui se seront livrés aux fers de leurs chimères. Viens, retournons à nos jeux, soyons légers et oublions ces corps fâcheux.

- Mais cette main tendue m’était chère! Approchons-nous, je veux dire un dernier adieu et serrer contre mon coeur cette main aimée mais désormais inerte.

- Amour, la mienne te la fera oublier. Vois comme elle est agile et parfumée.

- Regarde, ce sourire ravagé. Regarde la tristesse incrustée dans ces plaies.

- Allons, ce n’est rien, rien qu’une vieillesse qui s'est hâtée. Viens, viens goûter mes lèvres et oublie l’édenté.

Les armes se sont tues dans la plaine effarée. Un oriflamme claque au vent.
Le bruit sec de la lourde toile couvre le bruit des amants qui, à l’orée du charnier, disparaissent.
Ce sont deux amants enfiévrés de silence
L’un colle ses lèvres si fort sur l'adulé carmin, que l’autre étouffe à tout jamais.


Aucun commentaire: